Habitat International Coalition
Réseau global pour le droit à l'habitat et la justice sociale
 
Les droits des personnes sans-abri dans le Nouvel Agenda de l’Habitat
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Source: Commission Inclusion Sociale, Démocratie Participative et Droits Humains de CGLU
21-04-2016

Le 5 avril dernier a eu lieu, dans le cadre de la Conférence Thématique Habitat III sur l’espace public à Barcelone, l’événement parallèle «Les droits des personnes sans-abri: quelle place dans le Nouvel Agenda global de l’Habitat?», qui a souligné l’importance d’inclure les droits de ce groupe dans l’agenda qui sera défini à Habitat III. À cet effet, a été adopté la Déclaration Recommandations sur les Droits des Personnes Sans-abris / Habitant-e-s de Rue. Le Sans-abrisme dans le Nouvel Agenda Global Urbain et de l’Habitat. La table ronde a été organisée par la Commission Inclusion Sociale, Démocratie Participative et Droits Humains de CGLU avec la Coalition Internationale de l’Habitat (HIC), la Plateforme Globale pour le Droit à la Ville, le Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits Humains et la Global Task Force de Gouvernements Locaux et Régionaux.

Le side event a réuni des témoins qui se sont déjà trouvés en situation de sans-abrisme (Miquel Fuster, d’Arrels Fundació, et Ibrahima Seydi, porte-parole des habitants informels de Poblenou, à Barcelone); des représentants d’organisations qui travaillent avec des personnes en situation de sans-abrisme (Jesús Ruiz, du Réseau d’Atention aux Personnes Sans-Abri de Barcelone); des représentants de gouvernements locaux (Laia Ortiz, Adjointe à la Mairie de Barcelone, chargée des Droits Sociaux; Patrick Braouezec, Président de Plaine Commune, et Jorge Enrique Rojas, ancien Secrétaire pour l’Inclusion Sociale de Bogotá), et des chercheurs et organisations transnationales: Giovanni Allegretti (Centre d’Études Sociaux de l’Université de Coimbra), Lorena Zarate (Présidente de la Coalition Internationale pour l’Habitat – HIC), Bahram Ghazi (Bureau du Haut-Commissariat de Nations Unies pour les Droits Humains) et María José Aldanas (FEANTSA).

Le débat, animé par la Coordinatrice de la Commission, Magali Fricaudet, a été divisé en trois temps: la première partie a été axée sur la situation des personnes sans-abri dans les villes au niveau global et local. Miquel Fuster a ouvert le panel avec son témoignage en tant que personne ayant habité dans la rue pendant une partie de sa vie: «L’expérience d’habiter dans la rue te marque pour toute la vie, mais il y a des organisations qui nous accompagnent pendant tout le parcours de récupération. En fait, il y a deux processus de récupération: la réparation de soi-même et l’abandon du ressentiment». Ibrahima Seydi a, pour sa part, relaté son expérience concernant les conditions de logement précaires des migrants à Barcelone, et a mis l’accent sur la nécessité d’un gouvernement local engagé sur la question des Droits Humains pour prévenir tout abus contre les communautés les plus vulnérables.

Le discours de María José Aldanas était focalisé sur la violation du droit au logement en tant que cause fondamentale du sans-abrisme, et a mentionné le dernier rapport de la rapporteuse des Nations Unies sur le logement convenable, Leilani Farha, qui s’intéresse tout particulièrement aux personnes en situation de sans-abrisme. Bahram Ghazi a pour sa part souligné le peu d’attention porté à cette question sur la scène internationale, et a proposé la création d’un réseau global d’organisations qui travaillent pour la garantie de ces droits. Finalement, Giovanni Allegretti a détaillé le travail développé dans le cadre du programme Bogota Humana envers les habitants des rues, notamment concernant leur approche pour mieux garantir les droits dans l’action publique du Gouvernement de Bogota et le changement de perspective dans la lutte contre ce phénomène.

La deuxième partie du débat consistait à exposer et mettre en avant des politiques publiques qui assurent l’application effective des droits des personnes sans-abris, adoptant une perspective globale et soulignant le phénomène d’exclusion résidentielle. A cet égard, Laia Ortiz a mis l’accent sur le besoin de co-produire des politiques publiques avec les personnes en situation de sans-abrisme et les organisations qui les accompagnent. Il faut travailler notamment sur la prévention du phénomène, la garantie des droits (tous les droits, pas uniquement celui au logement) et la satisfaction des besoins essentiels en dehors du marché. Toujours selon la perspective des collectivités locales, Jorge Enrique Rojas a souligné la nécessité de reconnaitre la diversité au sein de la communauté des personnes sans-abri, et de traduire ces différences en politiques publiques. Pour sa part, Jesús Ruiz a souligné le rôle des organisations de la société civile pour l’autonomisation des habitant-e-s de rue, en s’attardant sur deux fonctions particulièrement importantes: l’accompagnement de ces personnes dans le processus de récupération, et le plaidoyer politique, la promotion et le suivi de politiques qui répondent à leurs besoins réels.

Finalement, Patrick Braouezec et Lorena Zarate ont conclu le débat en rappelant les défis auxquels le Nouvel Agenda de l’Habitat doit faire face en relation à cette question, et en apportant des recommandations afin que les droits des personnes en situation de sans-abrisme soient pris en considération. Lorena Zarate a insisté sur la nature politique du problème: en Europe uniquement on compte plus de 4 millions de personnes sans-abri et 11 millions de logements inoccupés. Elle a ainsi proposé de travailler à assurer la sécurité de la tenure indépendamment à sa forme légale; cela permettrait la garantie des droits humains sans les conditionner à la possession des droits de logement. Enfin, Patrick Braoeuzec a souligné le fait que, face à l’incapacité des États pour assurer les droits de l’ensemble des habitants, il nous faut avoir recours à la solidarité entre les individus et le travail en réseau. «Habitat III doit aboutir à l’engagement des États ed gouvernements locaux pour garantir les droits des personnes sans-abris et réaffirmer que leur criminalisation est inacceptable».

L’ensemble des recommandations sont contenues dans la Déclaration –prochainement sera disponible en français. Le compte-rendu du débat sera disponible prochainement; vous pouvez accéder à l’album photo en cliquant sur ce lien.

* Source originale.



 
Tags
• Droit au logement et à la terre/Droit au logement adéquat   
 
 


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